Si vous avez lu le billet de Frédéric, le divorce est consommé, vous ne pouvez que craindre quant à l’avenir de la distribution Mandriva Linux. En effet, la direction de Mandriva n’évoque absolument pas ce point lors de ses interventions dans la presse et il y a fort à parier qu’elle ne voit aucun avenir dans le bureau sous Linux et par conséquent n’y consacrera aucune ressource.
Dès lors, la question de la pérennité de ma Mandriva, celle qui est installé sur mon ordinateur se pose. À l’heure où Ubuntu propose déjà la beta de sa future 10.10, que Fedora annonce la sienne pour fin septembre, que openSuse met en chantier sa future 11.4, que même Debian travaille sur sa prochaine sortie – Squeeze – du côté de Mandriva c’est un silence pesant. Ce dernier n’est de toute façon pas étonnant, Edge-IT étant en liquidation judiciaire, il n’existe aucune ressource en interne à Mandriva pour proposer une feuille de route pour une éventuelle 2011, encore moins la réaliser. Comme l’a bien rappelé Frédéric « Edge-IT était le coeur de Mandriva, puisque la plupart des « salariés de Mandriva » étaient en réalité des salariés de Edge-IT » et sans cœur point de distribution, CQFD !
Ce constat fait et surtout accepté, le plus difficile étant sans doute de l’accepter, que faire ? En tant qu’utilisateur je ne vois qu’un seul choix possible : changer. Certes, mais changer pour quoi ? L’offre est à la fois vaste et restreinte. Vaste car s’offre désormais à moi un horizon immense, allant de Windows, pourquoi pas, aux très nombreuses distributions Linux et même pourquoi PC-BSD qui possède un atout extraordinaire pour l’utilisateur basique que je suis, la possibilité d’installer des logiciels àlawindows grâce aux pbi. Pourtant l’offre me paraît restreinte, Windows ? J’ai déjà la version 7 sur un ordinateur et si ça marche pas trop mal, ce n’est pas le paradigme rêvé. Les autres distributions Linux ? J’en teste – superficiellement – quelques unes régulièrement mais je reviens toujours à Mandriva pour sa simplicité et c’est également cette dernière que je connais le mieux. PC-BSD ? Le système de pbi est vraiment fantastique pour tous novices surtout en provenance de Windows, mais il y a quelques défauts notamment l’absence d’un centre de contrôle pour administrer le système. Il y a bien la possibilité de ne plus avoir d’ordinateur …
La seule possibilité restante est celle d’un fork de la part de la communauté. Après tout, si Mandriva n’est pas intéressé par le desktop sous Linux, autant que ceux qui sont intéressés par ce projet se prennent en main eux mêmes sans plus rien attendre de Mandriva. Ce pourrait être l’occasion de mettre à plat l’organisation et créer des synergies entre développeurs de talent, contributeurs et utilisateurs. Muny a lancé un sondage sur le forum francophone de Mandriva, « si vous deviez changer de distribution« , la discussion a repris de l’ampleur depuis début septembre (à partir de la page 8 du sujet de discussion). Il y a de la réflexion autour du cycle de vie, du fondement même de la distribution, sortie à date fixe ou rolling, de l’incompréhension entre développeurs et utilisateurs, etc.
N’est-il donc pas possible d’utiliser toutes ces réflexions pour mettre un route un nouveau projet de distribution ?
C’est la question que je veux poser à toute la communauté. C’est la question que je pose à toute la communauté !
Je suis persuadé qu’il y a un avenir pour Linux pour le bureau. Cet avenir ne peut passer que par une alliance entre toutes les parties prenantes aux projets, du développeur à l’utilisateur final quelle que soit la compétence dont elles disposent. Je veux insister sur ce dernier point car je crois qu’une distribution Linux d’avenir est le résultat aussi bien du travail des développeurs que d’autres personnes, qu’elles écrivent de la documentation pour l’utilisateur final, qu’elles réalisent des tutoriels vidéos, qu’elles travaillent sur le graphisme, le look, qu’elles promeuvent la distribution, etc.
Si un fork est décidé, je souhaite que l’organisation qui se mettra en place fasse place à ces différents acteurs pour que la distribution qui en émergera réponde aux besoins de chacun des utilisateurs que ce soit pour faire du développement, surfer sur internet, administrer un serveur, faire du montage vidéo, etc.
Êtes-vous prêt ?
[...] Ce billet était mentionné sur Twitter par boklm, Olivier Méjean. Olivier Méjean a dit: Quel avenir pour ma #Mandriva ? http://ur1.ca/1jqx4 [...]
Ping par Les tweets qui mentionnent Quel avenir pour ma Mandriva ? « Un avis sur tout ! -- Topsy.com — 8 septembre 2010 @ 9 h 22 min
Pour moi l’avenir de Linux n’est pas dans le bureau, mais au niveau ( hors serveurs ) du poste de travail et de l’embarqué car ce sont des environnements contrôlés dévolus à des tâches spécifiques. Androïd ( et peut être Maemo ) est l’exemple le plus flagrant au niveau de l’embarqué.
En tant que poste de travail au sein des entreprise, Linux a aussi un avenir.
Par contre concernant le bureau, à savoir le poste personnel des utilisateurs lambda, pour moi Linux n’a pas d’avenir.
Moi aussi je me fais la même réflexion concernant le fait de changer de distribution à part que moi, en plus de mon ordi perso, j’ai 80 postes de travails ( KDE, GNOME ) à migrer aussi
Commentaire par FACORAT Fabrice — 8 septembre 2010 @ 10 h 06 min
Connaissant les difficultés que rencontre la société MDV, je me suis posé la même question il y a 6-9 mois.
Personnellement, mon analyse sur le sujet était un peu différente, car ce n’est pas pour une utilisation personnelle, mais pour des serveurs en production.
Mon choix s’est donc tout naturellement penché sur du RH pour ce qui est critique et nécessite un support avancé (si besoin) et des CentOS (GNU)qui est le fork de la RH. La Fedora en complémentarité de la RH ne m’a pas convaincu.
Cependant, la communauté Fr de CentOS est assez restreinte et ne demande qu’à être développée.
En bref, c’est bien dommage que MDV finisse ainsi, j’aimais bien la distro, pour y avoir travaillé, mais un vrai manque de gestion et de communication récurrents ont mis à mal la société comme le décrit très bien F.CUIF dans son billet.
Il y a aussi l’opensuse qui peut être une bonne alternative.
Bien entendu, ici on parle de distro à base RPMs, pour ce qui est du reste, mieux vaut ouvrir un autre billet peut-être !
l’idée de lancer un nouveau projet me semble intéressante. Où est ce qu’on postule ? :p (sur temps libre)
Commentaire par nocktames — 8 septembre 2010 @ 10 h 36 min
Je ne pense pas qu’on puisse dissocier le poste de travail pro et le poste de travail personnel. MS ne fait pas cette différence et je pense à raison puisque les deux sont intimement liés en terme d’évolution. L’utilisateur que je suis à titre personnel permet des remontées d’information qui sont utiles pour améliorer le poste de travail qu’il soit ensuite pro ou personnel. Pour faire sortir Linux de sa réputation d’OS pour geek il faut bien démontrer qu’il est adapté aux non-geeks ce qui passe par une volonté de démocratisation la plus large possible, je crois qu’Ubuntu a parfaitement compris ça. Avoir des postes de travail pro sous Linux c’est avoir des personnes non informaticiennes pouvant utiliser ces postes de travail.
Ceci dit, il est possible et peut être probable que ce n’est pas juste par une offre d’une boite type powerpack qu’on peut toucher le grand public, à quoi bon acheter un OS quand on dispose déjà d’un, fut-ce Windows ? Une possibilité est d’avoir un installeur sous Windows pour que finalement la boite qu’on achète soit en quelque sorte un logiciel pour Windows. Une autre possibilité est de vendre des logiciels libres pour Windows et d’inclure dans la boite la distribution Linux. Est-ce qu’un Digikam pour Windows ne pourrait pas se vendre ?
Commentaire par Olivier — 8 septembre 2010 @ 11 h 07 min
Je distingue poste de travail et poste personnel dans le sens du succès commercial : commercvialement parlant, Linux ne peut réussir au niveau du poste personnel.
Par contre il convient que même en poste de travail l’OS soit convivial. Cependant il y a aussi des contraintes différentes au niveau du poste de travail que l’on ne retrouve pas en poste perso :
- administration à distance + accès distant ( et pas seulement via SSH, mais aussi en mode graphique )
- politiques de sécurité et possibilités de déploiements de ces politiques de sécurités ( administration centralisées )
- accès ressources réseaux ( partages, NAS/SAN )
- interaction avec services d’annuaires + sécurisation de l’accès aux ressources ( authentification, Kerberos )
- déploiement d’OS ( installation automatisée ) + déploiement d’applications
Commentaire par FACORAT Fabrice — 9 septembre 2010 @ 9 h 01 min
Je suis bien d’accord avec F.FACORAT sur le fait qu’une distrib Linux ne peut survivre commercialement sur des offres purement poste personnel. En tout cas au début, car une fois les utilisateurs habitués à travailler sur des postes de travail « Linux », de retour à son foyer, celui-ci utilisera ce qu’il connait le mieux. Faut partir du principe que cette éducation autour d’un OS est déjà faite et n’est donc plus à refaire. (Win)
Mieux vaut alors privilégier les plus-valus sur des distrib Entreprises avec des softs qui ont pour approche l’utilisation en entreprise. Ce que faisait et fait toujours Mandriva, mais derrière cela, il faut accompagner le produit avec formation, support et le « must » avec des produits hardware incluant la distrib (aussi ce que fait Mdv). Alors pourquoi la sauce n’a pas pris ?
Selon moi, cela relève plus d’un problème général !!
Déjà lors des déploiement, l’accompagnement n’était pas toujours présent.
la formation : peu, coûteuse, et peu lisible sur le web. ( des formations gratuites lors des déploiements souligne l’implication de la société auprès de son client, ce qui renforce une certaine confiance et donc une fidélité de celui-ci).
le support : il était plutôt performant, plusieurs dispositions envers les clients sont en place : wiki / forum / bugzilla / irc ( gratuit) et téléphone / plateforme de support web-ticket (payant). Ce qui me semble déjà pas mal !
Distro Entreprises : CS2-3-4 puis renomée en MES-5 et avant tout ça la MNF. bref, Mdv à toujours été sur le marché entreprise mais n’a jamais trop décollé.
Quand je vois actuellement l’agressivité de Novell-SuSE sur les offres Entreprises Vs. RH il est clair que cela rapporte assez vite sur le moyen terme, en y regardant les courbes de parts de marché engrangées sur leur concurrent direct (Linux) RH, cela montre que ce que recherche avant tout l’utilisateur même professionnel dans une distrib Linux est bien une question de prix tout en gardant en vu, l’offre support / pérennité et qualité.
Après il faut faire un choix entre faire un produit Entreprise tout en gardant sous le coude une communauté User-friendly (SUZE). Ou bien ne pas se soucier de la communauté et s’investir à fond dans des offres corpo. (un peu à la RH).
Par contre tous ce que Propose F.FACORAT que l’on ne retrouve pas en en poste perso, je ne suis pas tout à fait d’accord, car toute cette liste fait appel à des softs GNU dispo sous cooker ou bases RPMs hors iso. Après, il faut faire un choix lors de build iso de ce qu’on inclus ou pas.
Commentaire par nocktames — 9 septembre 2010 @ 13 h 00 min
Je suis utilisateur Mandriva (Mandrake) depuis 12 ans. J’ai hésité plusieurs fois à changer de distrib Linux depuis que les problèmes financiers sont arrivés, mais je suis jusqu’à présent toujours resté fidèle à Mandriva (je peux difficilement me passer de urpmi et du large choix de paquets de MDV).
Si j’imagine possible que cooker puisse perdurer à Mandriva (sous ce nom ou un autre), reste le problème de la création de versions stables régulières de la distribution.
Je n’imagine pas vraiment possible que cela puisse être fait par des bénévoles sur le moyen ou long terme. Il faut à mon avis une structure ayant des intérêts commerciaux avec la distribution qui puisse mettre à la disposition de la communauté des personnes dédiées à l’évolution de la distribution.
Il y a qqes années, un appel à contribution avait été lancé pour sauver Mandriva, via l’adhésion au club. Personnellement, j’y ai cru et j’ai été membre, normal puis argent, pendant plusieurs années. Une solution provisoire, pour essayer de rémunérer les personnels de EdgeIT qui sont le coeur de Mandriva, le temps qu’une solution plus pérenne soit trouvée, serait peut être de monter ce même type d’appel via une association ?
Commentaire par Daniel Le Berre — 11 septembre 2010 @ 13 h 42 min
[...] des commentaires, des articles, des installations, de la promotion ou des suggestions…) de se positionner pour obtenir un peu plus de l’avenir. Apparemment, il y a d’un côté le comité de direction et de l’autre les [...]
Ping par SysAdmin.CykloDev » Blog Archive » Une distribution Mandriva Linux 2011.0 pour quoi ? — 12 septembre 2010 @ 19 h 03 min