Un avis sur tout !

8 septembre 2010

Which future for my Mandriva ?

Classé dans : Linux, Mandriva, actualité, informatique — admin @ 14 h 53 min

If you have read the article from Frederic, divorce is consummated, you can only fear for the future of Mandriva Linux. Indeed, the management of Mandriva mentions absolutely no point in its speeches in the press and it’s a safe bet that it sees no future in the Linux desktop and therefore there will devote no resources.

Therefore, the question of the sustainability of my Mandriva, which is installed on my computer arose. At a time when Ubuntu is already offering the beta of its forthcoming 10.10, Fedora announces its for late September, openSuse begin working on its future 11.4, even Debian is working on its next distribution – Squeeze – on Mandriva side it is a heavy silence. The latter is of no surprise anyway, Edge-IT is in liquidation, there is no internal ressource to Mandriva to propose a roadmap for a possible 2011, and less to achieve it. As Frédéric well recalled, « Edge-IT was the heart of Mandriva, since most of the « Mandriva employees » were actually employees of Edge-IT  » and without heart no distribution, QED!

This report done and especially accepted, being probably more difficult to accept, what to do? As a user I see only one choice: change. Yes, but change to what? The offer is both huge and limited. Huge as  a vast horizon has now opened to me, ranging from Windows, why not, to many Linux distributions and even to PC-BSD which has a tremendous asset to the user base that I am able to install windowsmodelike software through pbi. But the supply seems limited, Windows? I have version 7 on a computer and if it works pretty well, this is not the ideal paradigm. Other Linux distributions? I tested – superficially – some regularly but I always come back to Mandriva for its simplicity and it was also the last that I know best. PC-BSD? Pbi system is fantastic for all novices especially from Windows, but there are some shortcomings including the lack of a control center to administer the system. There is the possibility of not having a computer …

The only remaining possibility is a fork from the community. After all, if Mandriva is not interested in desktop Linux, let’s those interested in this project take control themselves without expecting anything in Mandriva. This could be the opportunity to flatten the organization and create synergies between talented developers, contributors and users. Muny has launched a survey on the French forum of Mandriva, « if you were to change your distribution » the discussion have became more extensive since early September (from page 8 of the topic). There are reflection on the life cycle, the very foundation of the distribution, release dates fixed or rolling, misunderstanding between developers and users, and so on.

Is it not possible to use these reflections to start a new distribution project?

That is the question I want to ask the entire community. That is the question I aks to the community!

I am sure there is a future for Linux to the desktop. That future can only be achieved by an alliance between all project stakeholders, from developer to the end user regardless of the skill they have. I want to stress this last point because I believe that future Linux distribution is the result of both the work of developers and others, they write the documentation for the end user, they make Video tutorials, they are working on the graphics, the look, they promote the distribution, and so on.

If a fork is resolved, I hope the organization to be set up to make room for each actor so that the distribution that will emerge will meet the needs of each user whether to develop, surf the Internet, manage a server, do video editing, and so forth.

Are you ready?

7 septembre 2010

Quel avenir pour ma Mandriva ?

Classé dans : Linux, Mandriva, actualité, informatique — Olivier @ 22 h 42 min

Si vous avez lu le billet de Frédéric, le divorce est consommé, vous ne pouvez que craindre quant à l’avenir de la distribution Mandriva Linux. En effet, la direction de Mandriva n’évoque absolument pas ce point lors de ses interventions dans la presse et il y a fort à parier qu’elle ne voit aucun avenir dans le bureau sous Linux et par conséquent n’y consacrera aucune ressource.

Dès lors, la question de la pérennité de ma Mandriva, celle qui est installé sur mon ordinateur se pose. À l’heure où Ubuntu propose déjà la beta de sa future 10.10, que Fedora annonce la sienne pour fin septembre, que openSuse met en chantier sa future 11.4, que même Debian travaille sur sa prochaine sortie – Squeeze – du côté de Mandriva c’est un silence pesant. Ce dernier n’est de toute façon pas étonnant, Edge-IT étant en liquidation judiciaire, il n’existe aucune ressource en interne à Mandriva pour proposer une feuille de route pour une éventuelle 2011, encore moins la réaliser. Comme l’a bien rappelé Frédéric « Edge-IT était le coeur de Mandriva, puisque la plupart des « salariés de Mandriva » étaient en réalité des salariés de Edge-IT » et sans cœur point de distribution, CQFD !

Ce constat fait et surtout accepté, le plus difficile étant sans doute de l’accepter, que faire ? En tant qu’utilisateur je ne vois qu’un seul choix possible : changer. Certes, mais changer pour quoi ? L’offre est à la fois vaste et restreinte. Vaste car s’offre désormais à moi un horizon immense, allant de Windows, pourquoi pas, aux très nombreuses distributions Linux et même pourquoi PC-BSD qui possède un atout extraordinaire pour l’utilisateur basique que je suis, la possibilité d’installer des logiciels àlawindows grâce aux pbi. Pourtant l’offre me paraît restreinte, Windows ? J’ai déjà la version 7 sur un ordinateur et si ça marche pas trop mal, ce n’est pas le paradigme rêvé. Les autres distributions Linux ? J’en teste – superficiellement – quelques unes régulièrement mais je reviens toujours à Mandriva pour sa simplicité et c’est également cette dernière que je connais le mieux. PC-BSD ? Le système de pbi est vraiment fantastique pour tous novices surtout en provenance de Windows, mais il y a quelques défauts notamment l’absence d’un centre de contrôle pour administrer le système. Il y a bien la possibilité de ne plus avoir d’ordinateur …

La seule possibilité restante est celle d’un fork de la part de la communauté. Après tout, si Mandriva n’est pas intéressé par le desktop sous Linux, autant que ceux qui sont intéressés par ce projet se prennent en main eux mêmes sans plus rien attendre de Mandriva. Ce pourrait être l’occasion de mettre à plat l’organisation et créer des synergies entre développeurs de talent, contributeurs et utilisateurs. Muny a lancé un sondage sur le forum francophone de Mandriva, « si vous deviez changer de distribution« , la discussion a repris de l’ampleur depuis début septembre (à partir de la page 8 du sujet de discussion). Il y a de la réflexion autour du cycle de vie, du fondement même de la distribution, sortie à date fixe ou rolling, de l’incompréhension entre développeurs et utilisateurs, etc.

N’est-il donc pas possible d’utiliser toutes ces réflexions pour mettre un route un nouveau projet de distribution ?

C’est la question que je veux poser à toute la communauté. C’est la question que je pose à toute la communauté !

Je suis persuadé qu’il y a un avenir pour Linux pour le bureau. Cet avenir ne peut passer que par une alliance entre toutes les parties prenantes aux projets, du développeur à l’utilisateur final quelle que soit la compétence dont elles disposent. Je veux insister sur ce dernier point car je crois qu’une distribution Linux d’avenir est le résultat aussi bien du travail des développeurs que d’autres personnes, qu’elles écrivent de la documentation pour l’utilisateur final, qu’elles réalisent des tutoriels vidéos, qu’elles travaillent sur le graphisme, le look, qu’elles promeuvent la distribution, etc.

Si un fork est décidé, je souhaite que l’organisation qui se mettra en place fasse place à ces différents acteurs pour que la distribution qui en émergera réponde aux besoins de chacun des utilisateurs que ce soit pour faire du développement, surfer sur internet, administrer un serveur, faire du montage vidéo, etc.

Êtes-vous prêt ?

6 septembre 2010

Divorce is consummated

Classé dans : Linux, Mandriva, actualité, informatique — admin @ 12 h 18 min

Clarification : this article was written by Frédéric and not by myself – Olivier Méjean, accuracy is important if taken elsewhere and commented to the author to assign all the credit!

In my article of june 14, 2010 entitled Mandriva in the Storm, I mentioned the failure of successive directions of Mandriva to face the challenges of the future of this wonderful distribution. No decision of business strategy, no vision of the future, human and economic management under the unlikely, non-existent communication… in short a fiasco.

Anger also rumbled in the Association of French-speaking users of Mandriva Linux and with our German friends MandrivaUser.de (speaking community of users of Mandriva Linux) and jointly asked very formally to the direction of Mandriva in a  note published on June 18, 2010 :

« a clear message, especially about community support, free and public distribution Mandriva Linux, and cooker. We wish an open and constructive dialogue, which will allow a communication prone to  assure the continuation of the Mandriva Linux project.« 

This call was not isolated since it was validated by a large number of global communities, as recalled AUFML:

« Mandriva Linux French-speaking Users Association and MandrivaUser.de with the support of Colombian User Community (http://mandriva-co.com/), Dutch community (http://www.mandrivaclub.nl/site/index.php ), group MIB (http://mib.pianetalinux.org/mib/ ), Brazilian community (http://mandrivabrasil.org), Romanian community (http://www.mandrivausers.ro), Spanish-speaking community (http://blogdrake.net) and the Turkish community (http://forum.mandrivaturkiye.com/)« 

In response, Arnaud Laprévote, current Mandriva CEO, gave an interview to magazine LeMagIT which published on june 22, 2010 an article under extremely optimistic : « Mandriva save by investors« . Arnaud Laprévote claimed in it that he has found investors and difficulties were almost vanish « by magic », while being careful not to announce the name and the ideas of those mysterious investors and no word was said about challenges the society Mandriva would necessarily meet face to the Commercial Court in the continuation plan which the society is subjected to.

It is precisely at this moment that Mandriva stop relations with its community and whishes made by the CEO of the decisions involve overhauling the Board of Directors of the company quickly vanished. The board has been changed but to let enter Jean-Noël de Galzain who since since spread to the press (read « Jean-Noël de Galzain reprend Mandriva en main » by Silicon.fr or « Jean-Noël de Galzain : Wallix et Mandriva sont complémentaires » by Channel News) to explain that he will save Mandriva through investors he has found :

« I managed to find investors to save the company.

Mayonnaise made. We then prepared a development plan to be presented at the general assembly to be held September 17. It will decide the future strategy and management to put at the head of Mandriva. « 

There we go, who found investors to « save » Mandriva: Arnaud Laprévote or Jean-Noel De Galzain? It is not clear, but whatever, we are no longer there. This is the Balo which taught us that the lucky chosen seems to be the company Towners Trading and Investments Limited, a company based in CYPRUS established under Cypriot laws and that the capital would be further diluted in an attempt to wipe out the debts (attempt only seen the amount of retained earnings …). But the specter of a Russian fund is still not far off that we know what it is exactly.

These interviews taught us a little bit more on Jean-Noël De Galzain’s intentions who stated :

« In Mandriva range of products there are Pulse and MDS which are products of provisionning infrastructures management in a market similar to those of Wallix. There are many complementarities between us. Another point : Mandriva has the expertise and strong skills in systems. We can then work together for the benefit of both Wallix and Mandriva (…)

This strategy should succeed because the computer server market restart. »

It is clear that the new directors of the company now intends to turn to the only server market, cutting off from the society the larger part of its products, while saying :

« There have been attempts to finish off Mandriva and dismember the company. Fortunately, we arrived with a different plan. « 

I consider it a beautiful contradiction, since most of the company’s products are marketed to the general public and that the server versions are themselves based on the edition Mandriva FREE, consumer publishing. But as we, the community, have become particularly troublesome with our questions, we are told nothing. However, no question for the society Mandriva to express it officially, without any doubt prefering to tack, and still enjoy contributors’ work (translations, debugging, etc..).

But while top management tries to present the press with a positive image, the reality of a slow agony that has now lasted several years continues to result in a huge mess: skills left in the wild and layoffs.

In fact, if you follow me on Twitter, you certainly learned that following the declaration of insolvency by Arnaud Laprévote, the Commercial Court of Paris opened September 2, 2010 an immediate liquidation proceedings against the company Edge IT, a subsidiary of Mandriva, and dated the liquidation back to March 2, 2009 (18 months – the statutory maximum).

For those unaware, Edge-IT was the heart of Mandriva, since most of the « Mandriva employees » were actually employees of Edge-IT. Today about fifteen employees who will be dismissed for economic reasons.

At the same time, the invitation to the Extraordinary General Assembly of shareholders « teach us » that the company Conectiva, the Brazilian subsidiary :

«  (…) should have a judicial recuperation needed to continue its activity« .

Clearly, public speeches have nothing credible and it is the general feeling that emerged from discussions between users on the forum of Mandriva. In recent months throughout which we were told that Mandriva would be saved, disappointment continues.

No need to be clairvoyant to understand that the famous Russian investor, if any, only wants to take the brand Mandriva, since it is still the most valued. The development in France may turn off to the benefit of a build system certainly copied and exported elsewhere.

And all this without counting future decisions of the Commercial Court. From my experience, everything suggests that an extension to all group companies will be decided without even mentioning the other possibilities that are emerging about leaders who have knowingly allowed a company in difficulties persist. But all this, only time will tell because I am not soothsayer.

In my case, divorce is consummated … that management does not suit me.

The community begins to simmer around a fork, since the community is no longer interesting. It may soon be ripe to speak with one voice and act together. So if you’re a business leader, you have a little courage and that you are interested, we have a number of people willing to volunteer work! Leave a message :)

Frédéric CUIF, cofounder of AUFML

addendum on september 6 at 00:13

The invitation to the Extraordinary General Assembly of shareholders specifies :

« On the organisation plan of the group
The subsidiary Edge-IT has declared cease of payment on july 2010 whereas the society Connectiva should have a judicial recuperation needed to continue its activity.

The new strategy aims to recenter Mandriva on few sectors and markets to avoid the too large disperion of nowadays, so in a no exclusive matter, Mandriva will concentrate on servers, OEM for education.« 

The strategy is now clear and in that context,  Olivier’s comment make any sense.

4 septembre 2010

Le divorce est consommé…

Classé dans : Mandriva, informatique, juridique — Frédéric Cuif @ 18 h 55 min

Précision : ce billet est écrit par Frédéric et non par moi même – Olivier Méjean, précision importante s’il est repris et commenté ailleurs pour attribuer à l’auteur tous les mérites !

Dans mon billet du 14 juin 2010 intitulé Mandriva dans la tempête, j’évoquais l’incapacité des directions successives de Mandriva à faire face aux défis d’avenir de cette merveilleuse distribution. Aucune décision de stratégie commerciale, aucune vision d’avenir, une gestion économique et humaine relevant de l’invraisemblable, une communication inexistante… en bref, un fiasco.

La colère grondait également au sein de l’Association des Utilisateurs Francophones de Mandriva Linux et chez nos amis allemands MandrivaUser.de (communauté germanophone des utilisateurs de Mandriva Linux) qui demandaient conjointement et très officiellement à la direction de Mandriva dans un billet publié le 18 juin 2010 :

« un message clair, notamment concernant le support de la communauté et la distribution publique Mandriva Linux ainsi que Cooker. Nous souhaitons un dialogue ouvert et constructif, ce qui permettra une communication à même de rassurer sur la pérennité du projet Mandriva Linux. »

Cet appel n’était pas isolé puisqu’il était validé par un grand nombre de communautés mondiales, comme le rappelle l’AUFML :

« L’Association des Utilisateurs Francophones de Mandriva Linux et MandrivaUser.de avec le support des groupes d’utilisateurs de Colombie (http://mandriva-co.com/), de la communauté néerlandophone (http://www.mandrivaclub.nl/site/index.php ), du groupe MIB (http://mib.pianetalinux.org/mib/ ), de la communauté Brésilienne (http://mandrivabrasil.org), de la communauté Roumaine (http://www.mandrivausers.ro ), de la communauté hispanophone  (http://blogdrake.net ) et de la communauté turque (http://forum.mandrivaturkiye.com/ ) »

En réponse, Arnaud Laprévote, l’actuel PDG de Mandriva, a accordé une entrevue au magazine LeMagIT qui a publié le 22 juin 2010 un article au titre extrêmement optimiste : « Mandriva sauvé par des investisseurs« . Arnaud Laprévote y affirmait avoir trouvé des investisseurs et que les difficultés allaient presque s’évanouir « comme par enchantement », tout en se gardant bien d’annoncer le nom et les idées de ces mystérieux investisseurs et sans dire un seul mot des « défis » que la société Mandriva devait nécessairement relever face au tribunal de commerce dans le cadre du plan de continuation dont elle faisait l’objet.

C’est précisément à ce moment que Mandriva rompu ses relations avec sa communauté et les voeux formulés par le PDG de l’associer aux décisions en remaniant le Conseil d’administration de la société se sont promptement évanouis. Le CA de Mandriva a certes été remanié, mais pour laisser entrer Jean-Noel De Galzain qui s’est depuis lors répandu dans la presse (cf. « Jean-Noël de Galzain reprend Mandriva en main » par Silicon.fr ou « Jean-Noël de Galzain : Wallix et Mandriva sont complémentaires » par Channel News) pour expliquer qu’il allait sauver Mandriva par le biais des investisseurs qu’il avait trouvés :

« J’ai réussi à trouver des investisseurs pour sauver l’entreprise.

La mayonnaise a pris. Nous avons ensuite préparé un plan d’évolution qui sera présenté à l’assemblée générale qui se déroulera le 17 septembre. Celle-ci décidera de la stratégie à suivre et du management à mettre à la tête de Mandriva. »

Allons bon, qui a trouvé ces investisseurs pour « sauver » Mandriva : Arnaud Lapérvote ou Jean-Noël De Galzain ? Ce n’est pas très clair, mais qu’importe, nous n’en sommes plus là. C’est le Balo qui nous apprenait que l’heureux élu semblait être la société Townerea Trading and Investments Limited, société de droit chypriote sise à CHYPRE et que le capital allait encore être dilué pour tenter d’éponger les dettes (tenter seulement, vu le montant du report à nouveau…). Mais le spectre d’un fonds russe n’est toujours pas loin, sans que l’on sache ce qu’il en est exactement.

Ces interviews nous en apprenaient cependant un tout petit peu plus sur les intentions de Jean-Noël De Galzain qui indiquait :

« Dans la gamme Mandriva il y a Pulse et MDS qui sont des produits de provisionning de gestion des infrastructures dans des marché voisins de ceux de Wallix. Il y a donc beaucoup de complémentarité entre nous. Un autre point : Mandriva possède l’expertise et des compétences très fortes dans les systèmes. Nous pourrons donc travailler ensemble pour le bénéfice aussi bien de Wallix que de Mandriva. (…)

Cette stratégie devrait réussir car le marché des serveurs informatiques repart. »

On voit clairement que la nouvelle administration de la société entend désormais se tourner vers le seul marché des serveurs, amputant ainsi la société de la plus grande partie de ses produits, tout en affirmant :

« Il y a eu des tentatives pour achever Mandriva et dépecer l’entreprise. Nous sommes heureusement arrivés avec un plan différent. »

J’y vois là une belle contradiction, puisque la majeure partie des produits de la société sont destinés au grand public et que les versions serveur sont elle-mêmes basées sur l’édition Mandriva FREE, édition grand public. Mais comme nous, la communauté, sommes devenus particulièrement gênants avec nos questions, on ne nous dit plus rien. Cependant, pas question pour la société Mandriva de le dire officiellement, préférant sans doute louvoyer et bénéficier encore du travail des contributeurs (traductions, déboguage, etc.).

Mais, alors que la direction s’efforce à présenter à la presse une image positive, la réalité d’une lente agonie qui dure maintenant depuis plusieurs années se poursuit pour aboutir à un énorme gâchis : des compétences laissées dans la nature et des licenciements.

En effet, si vous m’avez suivi sur Twitter, vous aurez certainement appris qu’à la suite de la déclaration de cessation des paiements par Arnaud Laprévote,  le tribunal de commerce de Paris a ouvert le 2 septembre 2010 une procédure de liquidation judiciaire immédiate à l’encontre de la société Edge-IT, société du groupe Mandriva, faisant remonter la date au 2 mars 2009 (soit le maximum légal).

Pour ceux qui l’ignorent, Edge-IT était le coeur de Mandriva, puisque la plupart des « salariés de Mandriva » étaient en réalité des salariés de Edge-IT. C’est aujourd’hui une quinzaine de salariés qui seront licenciés pour motif économique.

Dans le même temps, la convocation à l’AG des actionnaires nous « apprend » que la société Connectiva, la filiale brésilienne :

 » (…) devrait bénéficier d’une procédure de redressement judiciaire au Brésil nécessaire à la poursuite de son activité ».

De toute évidence, les discours publics n’ont rien de crédibles et c’est le sentiment général qui ressort des discussions entre les utilisateurs sur le forum de Mandriva. Depuis quelques mois tout au long desquels on nous a annoncé que Mandriva allait être sauvée, c’est la déception qui continue.

Pas besoin d’être devin pour comprendre que le fameux investisseur russe, s’il existe, ne souhaite que reprendre la marque Mandriva, puisque c’est elle qui est encore la plus valorisée. Le développement en France risque de s’éteindre au profit certainement d’un build system copié et exporté ailleurs.

Et tout ceci sans compter les décisions à venir du tribunal de commerce. De par mon expérience professionnelle, tout laisse à penser qu’une extension à toutes les sociétés du groupe sera décidée sans même évoquer les autres possibilités qui se dessinent à propos de dirigeants qui ont sciemment laissé perdurer une entreprise en difficultés. Mais tout cela, seul l’avenir nous le dira car je ne suis pas Madame Soleil.

En ce qui me concerne, le divorce est consommé… cette gestion ne me convient pas.

La communauté commence à frémir autour d’un fork, puisque la communauté n’intéresse plus. Elle pourrait bientôt être mûre pour parler d’une seule voix et agir de concert. Alors, si vous êtes un dirigeant d’entreprise, que vous avez un peu d’audace et que ce projet vous intéresse, nous avons une quantité de gens qui seraient prêts à bosser bénévolement ! Laissez un message :)

Frédéric CUIF, cofondateur de l’AUFML.

Ajout du 6/09/10 à 00:13

La convocation à l’AG des actionnaires précise :

« Sur le plan organisation du groupe
La filiale Edge IT a déclaré sa cessation des paiements en juillet 2010 tandis que la société Connectiva devrait bénéficier d’une procédure de redressement judiciaire au Brésil nécessaire à la poursuite de son activité.
La nouvelle stratégie vise à recentrer le métier de Mandriva sur quelques secteurs et marchés afin d’éviter la trop grande dispersion actuelle, ainsi et de manière non exclusive, Mandriva se concentrera sur le métier du serveur, et l’OEM pour l’éducation. »

La stratégie est donc claire et dans ce contexte, le commentaire d’Olivier prend tout son sens.

14 juin 2010

Mandriva dans la tempête…

Classé dans : Linux, Mandriva, actualité, juridique — Frédéric Cuif @ 8 h 24 min

Les collaborateurs de Mandriva traversent actuellement une période très difficile.

Aucune décision de stratégie commerciale n’ayant vraiment été prise depuis longtemps, les PDG se sont succédés à la tête de Mandriva. Hervé Yahi, arrivé en fin 2008, a laissé sa place pour prendre celle de CSO (directeur de la stratégie du groupe). Stanislas Bois, qui occupait jusque là les fonctions de directeur administratif et financier, l’a remplacé peu de temps et a lui-même cédé sa place à Arnaud Laprévote.

Je rappelle que Mandriva est une société en difficultés depuis de nombreuses années. Le 13 janvier 2003, la direction de la société  a déclaré la cessation des paiements, ce qui signifiait qu’elle n’était alors plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Après une période d’observation de plusieurs mois, un plan de redressement par continuation (de l’activité) a été arrêté par le tribunal de commerce et un mandataire judiciaire appelé « commissaire à l’exécution du plan » a été désigné pour s’assurer que le plan d’échelonnement des dettes et de redressement de la situation de la société se déroulait conformément à ce qui avait été arrêté par le tribunal. Ce plan est là pour permettre le remboursement des créanciers et la sortie de l’impasse dans laquelle se trouve la société. Si le plan est exécuté sans problème, les dettes antérieures (du plan) seront totalement apurées (et il reste quelques échéances à régler) et la société sortira alors du processus des procédures collectives. Elle continuera alors sa vie sociale normale et il appartiendra à la direction de Mandriva de trouver un mode de gestion plus efficace que par le passé pour éviter de retomber dans les difficultés. En revanche, si la société ne parvient pas à respecter les échéances du plan, la direction de Mandriva devra alors à nouveau déclarer la cessation des paiements. Le juge prononcera alors la résolution du plan de redressement et ouvrira par le même jugement une procédure de liquidation judiciaire, par application de l’article L. 631-20-1 du Code de commerce. Cette liquidation signifie l’arrêt de l’activité de Mandriva, l’exigibilité immédiate des dettes et le licenciement des salariés dans les 15 jours pour motif économique… sauf si le maintien de l’activité est décidé afin d’envisager la cession de l’entreprise à un tiers, par adoption d’un plan de cession. Dans cette hypothèse, le transfert d’entreprise ne se limite pas à une cession d’actifs : il inclut des engagements de maintien de l’emploi (art. L. 642-1, al. 1er du Code de commerce) et s’accompagne de la cession des contrats nécessaires au maintien de l’activité.

Pendant son exercice et alors qu’il était mandaté par l’actionnaire principal Occam Capital (et son représentant Marc Goldberg, président du CA de Mandriva), Hervé Yahi a cherché des repreneurs potentiels, sans succès semble-t-il. Toutefois en novembre 2009, la société Ieurope avec son portail Idoo s’était manifestée, mais aucune suite n’avait été donnée par Mandriva.

Une récente « fuite » (sans que je sache si elle était vraiment involontaire ou non, car cela peut être un levier pour presser l’intérêt des repreneurs) d’un compte rendu du conseil d’administration de Mandriva a révélé publiquement que des discussions étaient en cours entre la direction de la société et deux entreprises : la société Lightapp et la société Linagora.

Je n’ai pu avoir aucune information sur le projet de Lightapp de la part d’Arnaud Laprévote, je ne peux donc pas juger ce projet.

En ce qui concerne Linagora, l’intérêt montré par Alexandre Zapolsky pour Mandriva n’est pas récent, puisqu’en 2007 une tentative de rapprochement avait déjà échoué.

Ces dernier jours, les projets de reprise se sont fait jour et la tension était très forte chez les salariés de Mandriva.

Le fantôme d’une fondation est revenu sur le devant de la scène avec Wallix (avec semble-t-il la participation de François Bancilhon et de Stanislas Bois sous une forme que j’ignore encore), mais si ce projet a été présenté à la direction de Mandriva, rien n’a été fait en direction de la communauté et là encore, Arnaud Laprévote n’a rien voulu nous dire. Cependant ce projet semblait très mal ficelé, notamment en ce qu’il ne tenait que peu compte du volet social et de l’activité de l’éditeur ; l’accueil de la part des salariés a donc été très mitigé (c’est un euphémisme…).

Ieurope est également revenu sur le devant de la scène en proposant de remettre près d’un million et demi d’euros, mais avant déclaration de cessation des paiements (donc en coupant le pied à une éventuelle reprise), avec le soutien plutôt inattendu de Occam Capital ! Mais là encore, mon petit doigt m’a dit que les salariés étaient assez peu enclins à accepter cette solution qui ne semblait pas non plus préserver à moyen terme au moins les intérêts des salariés du groupe de façon suffisante, ainsi que la philosophie de Mandriva Linux.

Des confidences que j’ai pu avoir, ces projets n’inspiraient pas grande confiance.

Reste la société Linagora dont je vais vous parler aujourd’hui car Alexandre Zapolsky a été le seul à faire l’effort de nous présenter avec Olivier son projet pour Mandriva lors d’une conférence de plus d’une heure, laquelle faisait suite à des échanges passés intéressants, preuve s’il en était encore besoin que cette omertà totalement artificielle entretenue par Arnaud Laprévote sur la situation lui permet seulement d’éviter de répondre aux questions qui fâchent et c’est bien là les impressions que nous avons eu Olivier et moi à la suite des entretiens qu’il nous a accordés.

Sur le projet de Linagora, je précise que les quelques lignes que je vais vous exposer ne sont que les grandes orientations et que le projet définitif incluant le volet social et de redressement de l’entreprise ne nous a pas été présenté, pour d’évidentes raisons de confidentialité et aussi pour éviter une surenchère stérile devant le tribunal de commerce sur la question de savoir quel projet aurait le volet économique et social le plus favorable.

Linagora est une société connue dans le monde du libre dont les bénéfices sont bien plus importants que Mandriva, même si je vous le concède, son secteur d’activité n’est pas la même. Pour Alexandre Zapolsky, Mandriva doit vivre et retrouver sa superbe d’antan qui a été effacée au fil des ans par une piètre gestion et par la concurrence qui a saisi le vide trop grand laissé par l’éditeur français. Son projet suit deux axes : un axe communautaire et un axe entreprises.

En ce qui concerne le volet communautaire, Alexandre Zapolsky souhaite revenir aux fondamentaux de la philosophie du libre et proposer une « free free » selon ses termes : libre et gratuite. Les produits payants comme la PowerPack ou la Flash sont « censés » disparaître car insuffisamment générateurs de bénéfices et les paquets propriétaires seraient laissés à disposition sur un magasin en ligne. Sur ce dernier point, Olivier et moi sommes discussion avec Alexandre Zapolsky car en désaccord. Nous estimons que ces produits mériteraient d’être conservés avec un toilettage important, notamment pour permettre à Madame Michu d’avoir un ordinateur qui fonctionne « out of the box » (PWP) ou de conserver un produit technologique qui n’est que peu vendu car peu mis en valeur (Flash).

Le but d’Alexandre Zapolsky est donc pour lui de simplifier l’offre de Mandriva (ce qui est une bonne chose) et de fiabliser le produit de base en lui offrant une intégration des paquets bien plus poussée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les grandes orientations de la distribution continueraient d’être insufflées par la communauté et dirigées par la société et c’est notamment pour cela qu’il souhaite donner plus d’importance à Cooker pour favoriser le développement autour de la distribution. Dans cette optique de simplification du produit et de percer auprès de Madame Michu, un seul environnement graphique serait alors proposé par défaut, les autres restant disponibles dans les dépôts.

S’agissant du volet entreprises, Alexandre Zapolsky souhaite fondre certains de ses produits comme OBM ou LinID avec ceux de Mandriva (Pulse, etc.), qui sont complémentaires et qui pourraient donc être renommés pour laisser apparaître la « fusion » des deux entités. L’avantage d’avoir une distribution dans son périmètre de compétences permet d’offrir aux futurs clients de « Mandragora » (ce n’est pas un terme définitif, mais un terme « de travail » utilisé pour la circonstance) une offre entreprises complète verticale allant de la distribution à l’application. La qualité du développement des produits entreprises de Mandriva est conforme aux standards de Linagora et Alexandre Zapolsky souhaite conserver la partie Brésilienne de Mandriva, qui est assurément un point fort supplémentaire de ce projet.

En ce qui nous concerne, Olivier et moi avons entendu beaucoup de choses sur les projets proposés et la tension des salariés et du comité d’entreprises de Mandriva est très forte. En l’état, c’est Alexandre Zapolsky qui a présenté le projet le plus sérieux, tant sur le volet social que sur le volet développement de la société, sous réserve évidemment de voir le projet définitif qui sera présenté au tribunal de commerce si l’option d’une cession d’entreprise est possible. Les autres se contentaient manifestement de se servir de Mandriva comme tremplin pour promouvoir autre chose (entrer sur le marché libre notamment) et le volet social était parfois inexistant selon nos sources. Mandriva comporte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de salariés, tant en France qu’au Brésil et leur avenir est capital.

L’avenir n’est pas scellé loin de là. La direction se rendra-t-elle au tribunal de commerce pour déclarer la cessation des paiements ? Alors que cela semblait acquis ces derniers jours, cela n’a manifestement pas été fait. L’avenir des salariés semble se jouer en partie sans eux, et la colère gronde. La communauté se tient, elle aussi, à l’écoute et une solution qui ne préserverait pas suffisamment son attachement à la distribution pourrait entraîner une réaction épidermique et aboutir à un fork pour vider la société de sa substance ainsi que le projet Mandriva Linux.

4 avril 2010

Quelques réflexions sur le cycle de vie de la distribution Mandriva

Classé dans : Mandriva, informatique, économie — Mots-clefs :, — Frédéric Cuif @ 22 h 28 min

Depuis plusieurs années, j’essaye de faire comprendre à mes interlocuteurs de la direction de Mandriva qu’il faut faire quelque chose sur le cycle de vie des produits que j’ai toujours estimé trop court. Mais il s’agit d’un sujet épineux chez Mandriva car il est complexe. Dernièrement, Mandriva a traité du cycle de vie de ses produits dans de nouvelles pages, au soutien d’une offre de support à long terme. Ayant trouvé que cette offre était maladroite et à tout le moins mal présentée, je souhaite ici m’en expliquer et donner ce qui n’est que mon avis (et a priori, celui de l’hôte des lieux…).

  • Le constat d’échec et la nécessité de repenser le problème.

Je ne pense pas  que le maintien en l’état de l’offre de produits de Mandriva soit un choix judicieux et même cohérent.

En effet, Mandriva a déjà beaucoup souffert de la baisse radicale de prix (de 50 % environ) de la Power Pack décidée à l’époque par François BANCILHON (et mon opposition d’alors n’a pas changé sa décision), qui avait donc préféré mettre le prix de la distribution au niveau du service proposé, plutôt que l’inverse… Si, d’un certain point de vue, son intention était pouvait être compréhensible, il s’est avéré en pratique que les effets ont été contraires à ceux escomptés, risque que j’avais souligné à l’époque : la baisse de prix n’a engendré aucune hausse des ventes, et la chute des ventes a entraîné une baisse des revenus de ce poste. Ainsi, entre 2007 et 2008, on a assisté à une très forte chute de près de 39 % des ventes de boites (FR et EN confondus) et une chute de 24 % des produits vendus en téléchargement. Ces chiffres démontrent clairement que la direction de Mandriva s’est totalement fourvoyée sur ce point et elle n’a pourtant jamais cherché à corriger cette erreur.

Aujourd’hui, une distrubution Mandriva change tous les 6 mois. Si cette manipulation amuse le geek, elle fait pâlir les professionnels (PME) et les néophytes qui s’essayent à Linux et qui, globalement, ne connaissent que le cycle de vie de… Windows. Vous m’objecterez sans doute que nous sommes pas obligés d’installer deux fois par an la dernière version, et vous n’aurez certainement pas tort. Mais ne pas installer la nouvelle version n’est évidemment pas satisfaisant non plus si, comme moi, vous aimez profiter des dernières innovations proposées par l’éditeur, ainsi que des corrections et évolutions. Comment trancher ce noeud Gordien ?

  • Clarifier l’offre commerciale : décider d’un rythme annuel et renommer les produits.

La Power Pack ne génère pas actuellement suffisamment de revenus. Elle est pourtant un excellent produit qui souffre d’un déficit d’image par manque d’identité sur le public qu’elle est censée toucher. Pour permettre à Mandriva de vendre à nouveau des Power Pack, je pense qu’il faut organiser le changement simultané de trois éléments fortement interdépendants : renommer les versions de Mandriva, séparer nettement la partie gratuite de l’offre payante et rallonger le cycle de vie des produits commerciaux.

Pour rendre la Power Pack plus attractive, elle  doit proposer ce que les éditions gratuites ne proposent pas : une seule installation par an.

Certes, le cycle annuel a déjà été tenté avec la 2006. Mais si à l’époque cela s’était soldé par un échec,  il était lié à deux facteurs principaux qui n’avaient rien à voir avec le cycle annuel : d’une part, la mauvaise qualité de la 2006 (qui avait d’ailleurs énormément préjudicié aux ventes de la 2007 qui était pourtant une excellente version) et d’autre part, le manque de communication autour du produit (bogue persistant chez Mandriva…), couplé avec un manque de visibilité sur l’intérêt de la Power Pack.

Chez Mandriva, certains sont fortement opposés à ce cycle d’une année, au prétendu motif qu’il amputerait de 50% les revenus tirés des versions payantes. Je pense qu’il s’agit là d’une vision étroite des choses, qui n’est pas adaptée aux perspectives de ventes auprès des clients que les versions commerciales sont susceptibles de toucher.

La distribution ayant fait un bond qualitatif en 2007, le problème de la fiabilité souligné ci-dessus peut « globalement » être considéré comme résolu (je reviendrai sur ce point plus avant). Reste la communication. Pour décider que le produit commercial phare aura une durée de vie d’une année, il faut renommer sans plus tarder la gamme de tous les produits. Exit les « Spring », les « autumn » (nom officieux de la « point 0″), les point 0 et les point 1, et laissons place à une version annuelle qui porte le nom de l’année durant laquelle elle est destinée à vivre.

Il faut se rendre à l’évidence : déjà que pour les utilisateurs de Windows, cibles logiques des distributions Mandriva, une version par an peut sembler être un rythme effréné, alors, si nous ne changeons rien à la situation actuelle, nous aurons que peu de chances de séduire l’utilisateur final auquel notre SE préféré est aussi destiné. Une Mandriva 2011 serait une version qui arriverait en novembre 2010 et c’est tout pendant toute l’année 2010. Psychologiquement, je pense que ce changement est nécessaire car il permet de rassurer immédiatement ceux qui sont les plus réticents à mettre à jour leur système deux fois par an. Cela évite aussi aux personnes qui ont acheté leur Mandriva 2010 début avril, de voir arriver une nouvelle version à installer 15 jours plus tard… 6 mois c’est résolument trop court pour n’importe quel utilisateur et plus encore pour un professionnel.

  • Séparer l’offre commerciale de l’offre communautaire.

Je ne suis pas en train de comparer techniquement le cycle d’une Mandriva à un système Windows, qui ne sont pas vraiment comparables. Windows est une base, un environnement de bureau et de programmation. La gestion des périphériques, par exemple, est directement fournie par les producteurs de périphériques qui vont faire, ou non, une version XP, Vista, 2003, 2008, 7 etc. Sous linux, la gestion des périphériques récents dépend souvent du noyau et de ses modules, idem pour le fonctionnement de certains périphériques dont dépendent aussi des bibliothèques qui peuvent impacter (pas pour tous, heureusement) sur tout le système. Néanmoins, le problème est que les deux applis majeures, OOo et FF, sont les deux plus complexes à mettre à jour. C’est de là que naît une complication théorique sur le versionnage et les mises à jour de noyaux. Il est donc difficile de vouloir prétendre fournir un système stable, tout en assurant le mouvement perpétuel propre à l’univers linux.

Pour résoudre ce problème il faut séparer les produits commerciaux des produits communautaires, comme l’a fait Red Hat en séparant Fedora et RHEL et cela passe nécessairement par la création d’une marque communautaire, comme je l’ai demandé  à plusieurs reprises à Hervé YAHI. Mais l’enthousiasme qu’il a manifesté sur ce point lors de nos rencontres,  n’a malheureusement été suivi d’aucun effet à ce jour. J’estime là encore que la direction de Mandriva se trompe en hypothéquant un peu plus ses chances d’avenir.

L’offre communautaire resterait quant à elle sur un cycle court de 6 mois, ne serait-ce que parce que cela correspond à la pratique des contributeurs du logiciel libre et que l’édition FREE de Mandriva est actuellement la base technique de tous les produits de la gamme, y compris MES 5. Les contributions de la communauté sur la version communautaire profiteraient donc naturellement à la Power Pack qui deviendrait un produit qualitativement supérieur aux autres, comme on est en droit de l’attendre d’un produit qu’on paye.

  • Réconcilier stabilité et mises-à-jour.

Coté choix technologiques, cette version commerciale annuelle devrait nécessairement être dotée d’une stabilité renforcée, sans toutefois renoncer à la compatibilité matérielle, point fort de Mandriva. Les versions actuelles sont globalement assez stables et il n’y aurait donc probablement pas de grands changements à faire ; cela implique seulement de mettre de côté de cette version les paquets susceptibles de représenter un danger raisonnable (manque de tests, paquet trop récent, etc.), par défaut. Pour beaucoup de gens, avoir la dernière version d’un navigateur n’a pas grand intérêt, la prise de risque étant un revers que certains professionnels n’ont pas envie d’assumer, et on les comprend.

Côté mises-à-jour, c’est simple : le dépôt main est déjà maintenu aujourd’hui pendant 18 mois pour les versions du kernel et 12 mois pour les mises à jour desktop, de sorte que les habitudes ne seraient pas bouleversées. Cette version annuelle aurait également pour avantage de stabiliser un peu les dépôts contrib qui subissent ce rythme soutenu ainsi que les projets tiers dérivés de Mandriva (Mandriva Edu, par exemple).

Mais entendons-nous bien, seules les versions payantes de Mandriva bénéficieraient de cette avancée. Pourquoi ?

D’une part, car il n’est pas inconcevable que celui qui paye le produit soit en droit d’attendre à un peu plus de longévité.

D’autre part, car les éditions gratuites comme la FREE ou la ONE ne s’adressent pas au même public qui peut souhaiter favoriser, par un cycle de 6 mois, un dynamisme communautaire dont les membres souhaitent un service parfaitement à jour (même si l’on sait bien que, s’agissant de la FREE, certaines SSLL qui implémentent Mandriva dans les entreprises utilisent cette édition pour bénéficier d’un avantage financier conséquent et que s’agissant de la ONE, qui se voulait presque être selon la direction BANCILHON,  un « produit de publicité » qui devait inciter les nouveaux utilisateurs à acheter le produit complet, le but n’est pas atteint, puisqu’il s’agit d’un produit très complet, trop sans doute, qui couvre largement les besoins d’un grand nombre d’utilisateurs qui ne vont pas acheter la PWP).

Et que fait-on des nouveautés ? Rassurez-vous, elles ne seraient pas mises de côté, mais seraient conditionnelles. Six mois après la sortie de la 2011 (à l’époque de la Spring, donc), sortirait pour la Power Pack un « service pack » (donnez-lui le nom que vous voulez, c’est l’idée qui est à retenir). Selon les nouveautés qui sont sorties, Mandriva proposerait alors un service pack « Sérénité » ou un service pack « Extrême ».

Le service pack sérénité comprendrait toutes les mises-à-jour stables, mais comportant bien entendu des évolutions notables si elles remplissent le critère de stabilité (« comme » le passage d’une version « autumn » à une version Spring qui, pour bon nombre d’entre nous, est souvent apparu comme une évolution sereine, au contraire des changements de versions plus cahotiques).

Le service pack extrême serait quant à lui destiné à ceux qui savent ce qu’ils font, ceux qui veulent essayer toutes les dernières nouveautés en embrassant la part de risque qui va avec, sans pour autant tomber dans la cocotte (cooker). Par exemple, on aurait pu mettre en service pack extrême le passage de KDE 3 à KDE 4, et il est évident que les moins téméraires d’entre nous se seraient contentés du pack sérénité, ce qui aurait évité les critiques acerbes qui ont émaillé la sortie de la version 2009  équipée de KDE 4. J’ajoute qu’il n’y aurait pas de règle dans la sortie des service packs : parfois les deux, parfois un seul, et l’ordre entre ces service packs pourrait également varier, selon la typologie des mises-à-jour et leur disponibilité upstream.

D’autres voix que la mienne suggèrent aussi de séparer l’offre commerciale de l’offre communautaire en séparant en plus les dépôts de Mandriva en deux : une distributrion communautaire, en mouvement perpétuel, si possible en rolling, et ses dépôts avec différents niveau stabilité/nouveauté (main/testing/cooker). Ensuite, une distribution commerciale prévue pour durer 18 à 24 mois, gratuite, mais des dépôts disponible sur abonnement uniquement, sur lesquels il y aurait deux niveaux de stabilité/nouveauté : sécurité-correction de bogues et mises à jour de logiciels, qui contiendrait des paquets en provenance de la distribution communautaire, mais fortement testés par la société. À titre personnel, je ne suis pas certain que faire payer les mises-à-jour soit une bonne idée, mais elle a le mérite d’exister.

La question d’une « rolling distro » a elle aussi été évoquée et c’est Olivier qui vous en parlera mieux que moi, puisqu’il va y dédier un article prochainement. Je crains seulement que la rolling distro ne soit pas susceptible de générer quelque profit. La rolling, si elle doit être décidée, doit rester sur le terrain communautaire.

  • Pourquoi l’offre actuelle de Mandriva est-elle bancale ?

Mandriva a récemment publié deux pages sur le cycle de ses produits (cf. liens du début del’aticle). Mais la presse en fait ses choux gras…  Et je partage l’avis émis, l’offre telle qu’elle est décrite sur ces pages étant à mon avis incohérente.

En effet, Mandriva indique que son support est de 12 mois (desktop) sans avoir adapté le nom de la distribution. Il y a là quelque chose que je ne parviens pas à expliquer : comment maintenir d’un côté une distribution nouvelle tous les 6 mois et dire que la mise-à-jour se fait sur un an ? Psychologiquement, celui qui est resté dans la version x.0 se sent frustré de ne pas être passé à la version spring (x.1), mais il se console avec les mises-à-jour proposées. Autant donner à la distribution un cycle annuel pour coller avec la réalité des mises à jour. En tout cas, si l’on voit bien ce que voulait dire Mandriva dans ces pages, l’explication n’est pas très heureuse à mon goût.

Dans cette page dédiée aux cycles de vie, Mandriva ne fait pas la différence entre les produits communautaires et les produits payants, ce qui est regrettable. Alors que la société propose pour 165 € une extension de maintenance, y compris pour une FREE ou une ONE (autant pour la FREE pourquoi pas, mais pour la ONE, je trouve que cela n’a aucun sens…), cela nous fait : une édition FREE et une édition ONE au prix de 165 € (et qui voudrait d’une ONE à 165 € ?) pour un support de 18 mois de plus (12 mois + 6 de kernel + 18 mois à 165 €) et… une Power Pack à 65 € + 165 € de support à long terme, soit un prix total de 230 € pour deux versions par an (la Power Pack a aussi actuellement un rythme de 6 mois), ce qui fait très cher la prise de risque et fera de cette offre un flop assuré.

Au contraire, ceux qui achètent une Power Pack devraient avoir un la possibilité de choisir un support de maintenance étendue dont le prix inclurait le prix de la Power Pack (par exemple, pour 80 € de plus, vous avez 12 mois de plus). Mais bien évidemment, cela se couplerait encore mieux avec une version par an et des services pack…

Sur la rigueur de la présentation, je ne comprends pas pourquoi on affiche en vert les 6 mois de plus de main (et je suppose que c’est main) cela rend difficilement compréhensible l’offre à 165 € et on ne sait pas ce qu’on achète. Vous observerez aussi que la page du store n’affiche pas un seul lien vers la page des durée de vie du support, et que le graphique dit que l’extension à 18 mois porte le nom de « Desktop Entreprise », terme qui ne figure même pas sur la page adéquate du store. Je ne peux là encore que regretter que les choses manquent de rigueur chez Mandriva.

Voilà quelques réflexions soumises à votre sagacité.

Frédéric CUIF, alias Fredxx

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