Un avis sur tout !

13 octobre 2010

codec ou pas codec

Classé dans : juridique — Olivier @ 19 h 24 min

Une discussion intéressante est en cours actuellement sur la ML dev de Mageia à propos de ce que devrait inclure les dépôts et ne pas inclure. Bien entendu la question des codecs, de libdvdcss est sur le tapis. Je trouve ça dommage qu’avoir un projet basé en France qui permettrait donc d’inclure dès l’installation ces codecs pour l’interopérabilité semble aller dans le sens contraire. C’est généreux de s’intéresser aux éventuels miroirs à l’étranger mais est-ce qu’on ne perd pas déjà la « partie » en acceptant de se soumettre à une législation qui n’est pas la sienne ? Est-ce qu’on ne perd pas la « partie » quand on entre dans le jeu du FUD ?

Mageia a une occasion inestimable de faire son trou en proposant sous le parapluie de l’interopérabilité des codecs très utiles pour l’utilisateur final. Est-ce que réellement un vendeur de DVD va voir d’un mauvais oeil le fait que Mageia puisse lire par défaut des DVD ? Déjà il faudrait qu’il soit au courant de l’existence du projet ! Je trouve ça assez hypocrite de vouloir se défausser sur un dépôt tiers sachant les liens forts entre les deux.

Quand bien même ces codecs n’étaient pas installés par défaut, ce qui pour moi serait une erreur si on veut s’adresser au grand public comme l’annonce le projet Mageia, ils devraient être présent dans les dépôts de Mageia, libre ensuite à l’utilisateur d’installer ou non, mais en aucun cas on ne devrait conseiller un dépôt tiers (et ce quel que soit le logiciel d’ailleurs).

Bref, au final, ce qui m’ennuie vraiment le plus c’est qu’au fond on va se préoccuper plus de la législation des USA que de la législation du pays dans lequel le projet Mageia est, c’est à dire la France. C’est de mon point de vue extrêmement dangereux car on ouvre la porte au fait de devoir se plier à la législation de n’importe quel pays. Que des projets basés aux USA se préoccupent des lois des USA c’est normal, ceci explique la politique de Debian ou de Fedora en la matière, qu’un projet basé en France se préoccupe des lois des USA, ben non, ce n’est pas acceptable. Le projet VLC basé en France ne semble pas être en procès pour proposer ses propres codecs ou pour héberger libdvdcss, VLC est même disponible au téléchargement aux USA (cf cnet.com). N’ayant donc pas peur, que Mageia n’ait pas peur ! Je trouverai même ça très courageux de prendre position pour l’inclusion de ces codecs notamment parce qu’en Europe, pour le moment, les programmes informatiques ne sont pas brevetables. Profitons de cette chance que nous avons en Europe pour l’offrir à d’autres.

4 septembre 2010

Le divorce est consommé…

Classé dans : Mandriva, informatique, juridique — Frédéric Cuif @ 18 h 55 min

Précision : ce billet est écrit par Frédéric et non par moi même – Olivier Méjean, précision importante s’il est repris et commenté ailleurs pour attribuer à l’auteur tous les mérites !

Dans mon billet du 14 juin 2010 intitulé Mandriva dans la tempête, j’évoquais l’incapacité des directions successives de Mandriva à faire face aux défis d’avenir de cette merveilleuse distribution. Aucune décision de stratégie commerciale, aucune vision d’avenir, une gestion économique et humaine relevant de l’invraisemblable, une communication inexistante… en bref, un fiasco.

La colère grondait également au sein de l’Association des Utilisateurs Francophones de Mandriva Linux et chez nos amis allemands MandrivaUser.de (communauté germanophone des utilisateurs de Mandriva Linux) qui demandaient conjointement et très officiellement à la direction de Mandriva dans un billet publié le 18 juin 2010 :

« un message clair, notamment concernant le support de la communauté et la distribution publique Mandriva Linux ainsi que Cooker. Nous souhaitons un dialogue ouvert et constructif, ce qui permettra une communication à même de rassurer sur la pérennité du projet Mandriva Linux. »

Cet appel n’était pas isolé puisqu’il était validé par un grand nombre de communautés mondiales, comme le rappelle l’AUFML :

« L’Association des Utilisateurs Francophones de Mandriva Linux et MandrivaUser.de avec le support des groupes d’utilisateurs de Colombie (http://mandriva-co.com/), de la communauté néerlandophone (http://www.mandrivaclub.nl/site/index.php ), du groupe MIB (http://mib.pianetalinux.org/mib/ ), de la communauté Brésilienne (http://mandrivabrasil.org), de la communauté Roumaine (http://www.mandrivausers.ro ), de la communauté hispanophone  (http://blogdrake.net ) et de la communauté turque (http://forum.mandrivaturkiye.com/ ) »

En réponse, Arnaud Laprévote, l’actuel PDG de Mandriva, a accordé une entrevue au magazine LeMagIT qui a publié le 22 juin 2010 un article au titre extrêmement optimiste : « Mandriva sauvé par des investisseurs« . Arnaud Laprévote y affirmait avoir trouvé des investisseurs et que les difficultés allaient presque s’évanouir « comme par enchantement », tout en se gardant bien d’annoncer le nom et les idées de ces mystérieux investisseurs et sans dire un seul mot des « défis » que la société Mandriva devait nécessairement relever face au tribunal de commerce dans le cadre du plan de continuation dont elle faisait l’objet.

C’est précisément à ce moment que Mandriva rompu ses relations avec sa communauté et les voeux formulés par le PDG de l’associer aux décisions en remaniant le Conseil d’administration de la société se sont promptement évanouis. Le CA de Mandriva a certes été remanié, mais pour laisser entrer Jean-Noel De Galzain qui s’est depuis lors répandu dans la presse (cf. « Jean-Noël de Galzain reprend Mandriva en main » par Silicon.fr ou « Jean-Noël de Galzain : Wallix et Mandriva sont complémentaires » par Channel News) pour expliquer qu’il allait sauver Mandriva par le biais des investisseurs qu’il avait trouvés :

« J’ai réussi à trouver des investisseurs pour sauver l’entreprise.

La mayonnaise a pris. Nous avons ensuite préparé un plan d’évolution qui sera présenté à l’assemblée générale qui se déroulera le 17 septembre. Celle-ci décidera de la stratégie à suivre et du management à mettre à la tête de Mandriva. »

Allons bon, qui a trouvé ces investisseurs pour « sauver » Mandriva : Arnaud Lapérvote ou Jean-Noël De Galzain ? Ce n’est pas très clair, mais qu’importe, nous n’en sommes plus là. C’est le Balo qui nous apprenait que l’heureux élu semblait être la société Townerea Trading and Investments Limited, société de droit chypriote sise à CHYPRE et que le capital allait encore être dilué pour tenter d’éponger les dettes (tenter seulement, vu le montant du report à nouveau…). Mais le spectre d’un fonds russe n’est toujours pas loin, sans que l’on sache ce qu’il en est exactement.

Ces interviews nous en apprenaient cependant un tout petit peu plus sur les intentions de Jean-Noël De Galzain qui indiquait :

« Dans la gamme Mandriva il y a Pulse et MDS qui sont des produits de provisionning de gestion des infrastructures dans des marché voisins de ceux de Wallix. Il y a donc beaucoup de complémentarité entre nous. Un autre point : Mandriva possède l’expertise et des compétences très fortes dans les systèmes. Nous pourrons donc travailler ensemble pour le bénéfice aussi bien de Wallix que de Mandriva. (…)

Cette stratégie devrait réussir car le marché des serveurs informatiques repart. »

On voit clairement que la nouvelle administration de la société entend désormais se tourner vers le seul marché des serveurs, amputant ainsi la société de la plus grande partie de ses produits, tout en affirmant :

« Il y a eu des tentatives pour achever Mandriva et dépecer l’entreprise. Nous sommes heureusement arrivés avec un plan différent. »

J’y vois là une belle contradiction, puisque la majeure partie des produits de la société sont destinés au grand public et que les versions serveur sont elle-mêmes basées sur l’édition Mandriva FREE, édition grand public. Mais comme nous, la communauté, sommes devenus particulièrement gênants avec nos questions, on ne nous dit plus rien. Cependant, pas question pour la société Mandriva de le dire officiellement, préférant sans doute louvoyer et bénéficier encore du travail des contributeurs (traductions, déboguage, etc.).

Mais, alors que la direction s’efforce à présenter à la presse une image positive, la réalité d’une lente agonie qui dure maintenant depuis plusieurs années se poursuit pour aboutir à un énorme gâchis : des compétences laissées dans la nature et des licenciements.

En effet, si vous m’avez suivi sur Twitter, vous aurez certainement appris qu’à la suite de la déclaration de cessation des paiements par Arnaud Laprévote,  le tribunal de commerce de Paris a ouvert le 2 septembre 2010 une procédure de liquidation judiciaire immédiate à l’encontre de la société Edge-IT, société du groupe Mandriva, faisant remonter la date au 2 mars 2009 (soit le maximum légal).

Pour ceux qui l’ignorent, Edge-IT était le coeur de Mandriva, puisque la plupart des « salariés de Mandriva » étaient en réalité des salariés de Edge-IT. C’est aujourd’hui une quinzaine de salariés qui seront licenciés pour motif économique.

Dans le même temps, la convocation à l’AG des actionnaires nous « apprend » que la société Connectiva, la filiale brésilienne :

 » (…) devrait bénéficier d’une procédure de redressement judiciaire au Brésil nécessaire à la poursuite de son activité ».

De toute évidence, les discours publics n’ont rien de crédibles et c’est le sentiment général qui ressort des discussions entre les utilisateurs sur le forum de Mandriva. Depuis quelques mois tout au long desquels on nous a annoncé que Mandriva allait être sauvée, c’est la déception qui continue.

Pas besoin d’être devin pour comprendre que le fameux investisseur russe, s’il existe, ne souhaite que reprendre la marque Mandriva, puisque c’est elle qui est encore la plus valorisée. Le développement en France risque de s’éteindre au profit certainement d’un build system copié et exporté ailleurs.

Et tout ceci sans compter les décisions à venir du tribunal de commerce. De par mon expérience professionnelle, tout laisse à penser qu’une extension à toutes les sociétés du groupe sera décidée sans même évoquer les autres possibilités qui se dessinent à propos de dirigeants qui ont sciemment laissé perdurer une entreprise en difficultés. Mais tout cela, seul l’avenir nous le dira car je ne suis pas Madame Soleil.

En ce qui me concerne, le divorce est consommé… cette gestion ne me convient pas.

La communauté commence à frémir autour d’un fork, puisque la communauté n’intéresse plus. Elle pourrait bientôt être mûre pour parler d’une seule voix et agir de concert. Alors, si vous êtes un dirigeant d’entreprise, que vous avez un peu d’audace et que ce projet vous intéresse, nous avons une quantité de gens qui seraient prêts à bosser bénévolement ! Laissez un message :)

Frédéric CUIF, cofondateur de l’AUFML.

Ajout du 6/09/10 à 00:13

La convocation à l’AG des actionnaires précise :

« Sur le plan organisation du groupe
La filiale Edge IT a déclaré sa cessation des paiements en juillet 2010 tandis que la société Connectiva devrait bénéficier d’une procédure de redressement judiciaire au Brésil nécessaire à la poursuite de son activité.
La nouvelle stratégie vise à recentrer le métier de Mandriva sur quelques secteurs et marchés afin d’éviter la trop grande dispersion actuelle, ainsi et de manière non exclusive, Mandriva se concentrera sur le métier du serveur, et l’OEM pour l’éducation. »

La stratégie est donc claire et dans ce contexte, le commentaire d’Olivier prend tout son sens.

14 juin 2010

Mandriva dans la tempête…

Classé dans : Linux, Mandriva, actualité, juridique — Frédéric Cuif @ 8 h 24 min

Les collaborateurs de Mandriva traversent actuellement une période très difficile.

Aucune décision de stratégie commerciale n’ayant vraiment été prise depuis longtemps, les PDG se sont succédés à la tête de Mandriva. Hervé Yahi, arrivé en fin 2008, a laissé sa place pour prendre celle de CSO (directeur de la stratégie du groupe). Stanislas Bois, qui occupait jusque là les fonctions de directeur administratif et financier, l’a remplacé peu de temps et a lui-même cédé sa place à Arnaud Laprévote.

Je rappelle que Mandriva est une société en difficultés depuis de nombreuses années. Le 13 janvier 2003, la direction de la société  a déclaré la cessation des paiements, ce qui signifiait qu’elle n’était alors plus en mesure de faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Après une période d’observation de plusieurs mois, un plan de redressement par continuation (de l’activité) a été arrêté par le tribunal de commerce et un mandataire judiciaire appelé « commissaire à l’exécution du plan » a été désigné pour s’assurer que le plan d’échelonnement des dettes et de redressement de la situation de la société se déroulait conformément à ce qui avait été arrêté par le tribunal. Ce plan est là pour permettre le remboursement des créanciers et la sortie de l’impasse dans laquelle se trouve la société. Si le plan est exécuté sans problème, les dettes antérieures (du plan) seront totalement apurées (et il reste quelques échéances à régler) et la société sortira alors du processus des procédures collectives. Elle continuera alors sa vie sociale normale et il appartiendra à la direction de Mandriva de trouver un mode de gestion plus efficace que par le passé pour éviter de retomber dans les difficultés. En revanche, si la société ne parvient pas à respecter les échéances du plan, la direction de Mandriva devra alors à nouveau déclarer la cessation des paiements. Le juge prononcera alors la résolution du plan de redressement et ouvrira par le même jugement une procédure de liquidation judiciaire, par application de l’article L. 631-20-1 du Code de commerce. Cette liquidation signifie l’arrêt de l’activité de Mandriva, l’exigibilité immédiate des dettes et le licenciement des salariés dans les 15 jours pour motif économique… sauf si le maintien de l’activité est décidé afin d’envisager la cession de l’entreprise à un tiers, par adoption d’un plan de cession. Dans cette hypothèse, le transfert d’entreprise ne se limite pas à une cession d’actifs : il inclut des engagements de maintien de l’emploi (art. L. 642-1, al. 1er du Code de commerce) et s’accompagne de la cession des contrats nécessaires au maintien de l’activité.

Pendant son exercice et alors qu’il était mandaté par l’actionnaire principal Occam Capital (et son représentant Marc Goldberg, président du CA de Mandriva), Hervé Yahi a cherché des repreneurs potentiels, sans succès semble-t-il. Toutefois en novembre 2009, la société Ieurope avec son portail Idoo s’était manifestée, mais aucune suite n’avait été donnée par Mandriva.

Une récente « fuite » (sans que je sache si elle était vraiment involontaire ou non, car cela peut être un levier pour presser l’intérêt des repreneurs) d’un compte rendu du conseil d’administration de Mandriva a révélé publiquement que des discussions étaient en cours entre la direction de la société et deux entreprises : la société Lightapp et la société Linagora.

Je n’ai pu avoir aucune information sur le projet de Lightapp de la part d’Arnaud Laprévote, je ne peux donc pas juger ce projet.

En ce qui concerne Linagora, l’intérêt montré par Alexandre Zapolsky pour Mandriva n’est pas récent, puisqu’en 2007 une tentative de rapprochement avait déjà échoué.

Ces dernier jours, les projets de reprise se sont fait jour et la tension était très forte chez les salariés de Mandriva.

Le fantôme d’une fondation est revenu sur le devant de la scène avec Wallix (avec semble-t-il la participation de François Bancilhon et de Stanislas Bois sous une forme que j’ignore encore), mais si ce projet a été présenté à la direction de Mandriva, rien n’a été fait en direction de la communauté et là encore, Arnaud Laprévote n’a rien voulu nous dire. Cependant ce projet semblait très mal ficelé, notamment en ce qu’il ne tenait que peu compte du volet social et de l’activité de l’éditeur ; l’accueil de la part des salariés a donc été très mitigé (c’est un euphémisme…).

Ieurope est également revenu sur le devant de la scène en proposant de remettre près d’un million et demi d’euros, mais avant déclaration de cessation des paiements (donc en coupant le pied à une éventuelle reprise), avec le soutien plutôt inattendu de Occam Capital ! Mais là encore, mon petit doigt m’a dit que les salariés étaient assez peu enclins à accepter cette solution qui ne semblait pas non plus préserver à moyen terme au moins les intérêts des salariés du groupe de façon suffisante, ainsi que la philosophie de Mandriva Linux.

Des confidences que j’ai pu avoir, ces projets n’inspiraient pas grande confiance.

Reste la société Linagora dont je vais vous parler aujourd’hui car Alexandre Zapolsky a été le seul à faire l’effort de nous présenter avec Olivier son projet pour Mandriva lors d’une conférence de plus d’une heure, laquelle faisait suite à des échanges passés intéressants, preuve s’il en était encore besoin que cette omertà totalement artificielle entretenue par Arnaud Laprévote sur la situation lui permet seulement d’éviter de répondre aux questions qui fâchent et c’est bien là les impressions que nous avons eu Olivier et moi à la suite des entretiens qu’il nous a accordés.

Sur le projet de Linagora, je précise que les quelques lignes que je vais vous exposer ne sont que les grandes orientations et que le projet définitif incluant le volet social et de redressement de l’entreprise ne nous a pas été présenté, pour d’évidentes raisons de confidentialité et aussi pour éviter une surenchère stérile devant le tribunal de commerce sur la question de savoir quel projet aurait le volet économique et social le plus favorable.

Linagora est une société connue dans le monde du libre dont les bénéfices sont bien plus importants que Mandriva, même si je vous le concède, son secteur d’activité n’est pas la même. Pour Alexandre Zapolsky, Mandriva doit vivre et retrouver sa superbe d’antan qui a été effacée au fil des ans par une piètre gestion et par la concurrence qui a saisi le vide trop grand laissé par l’éditeur français. Son projet suit deux axes : un axe communautaire et un axe entreprises.

En ce qui concerne le volet communautaire, Alexandre Zapolsky souhaite revenir aux fondamentaux de la philosophie du libre et proposer une « free free » selon ses termes : libre et gratuite. Les produits payants comme la PowerPack ou la Flash sont « censés » disparaître car insuffisamment générateurs de bénéfices et les paquets propriétaires seraient laissés à disposition sur un magasin en ligne. Sur ce dernier point, Olivier et moi sommes discussion avec Alexandre Zapolsky car en désaccord. Nous estimons que ces produits mériteraient d’être conservés avec un toilettage important, notamment pour permettre à Madame Michu d’avoir un ordinateur qui fonctionne « out of the box » (PWP) ou de conserver un produit technologique qui n’est que peu vendu car peu mis en valeur (Flash).

Le but d’Alexandre Zapolsky est donc pour lui de simplifier l’offre de Mandriva (ce qui est une bonne chose) et de fiabliser le produit de base en lui offrant une intégration des paquets bien plus poussée qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les grandes orientations de la distribution continueraient d’être insufflées par la communauté et dirigées par la société et c’est notamment pour cela qu’il souhaite donner plus d’importance à Cooker pour favoriser le développement autour de la distribution. Dans cette optique de simplification du produit et de percer auprès de Madame Michu, un seul environnement graphique serait alors proposé par défaut, les autres restant disponibles dans les dépôts.

S’agissant du volet entreprises, Alexandre Zapolsky souhaite fondre certains de ses produits comme OBM ou LinID avec ceux de Mandriva (Pulse, etc.), qui sont complémentaires et qui pourraient donc être renommés pour laisser apparaître la « fusion » des deux entités. L’avantage d’avoir une distribution dans son périmètre de compétences permet d’offrir aux futurs clients de « Mandragora » (ce n’est pas un terme définitif, mais un terme « de travail » utilisé pour la circonstance) une offre entreprises complète verticale allant de la distribution à l’application. La qualité du développement des produits entreprises de Mandriva est conforme aux standards de Linagora et Alexandre Zapolsky souhaite conserver la partie Brésilienne de Mandriva, qui est assurément un point fort supplémentaire de ce projet.

En ce qui nous concerne, Olivier et moi avons entendu beaucoup de choses sur les projets proposés et la tension des salariés et du comité d’entreprises de Mandriva est très forte. En l’état, c’est Alexandre Zapolsky qui a présenté le projet le plus sérieux, tant sur le volet social que sur le volet développement de la société, sous réserve évidemment de voir le projet définitif qui sera présenté au tribunal de commerce si l’option d’une cession d’entreprise est possible. Les autres se contentaient manifestement de se servir de Mandriva comme tremplin pour promouvoir autre chose (entrer sur le marché libre notamment) et le volet social était parfois inexistant selon nos sources. Mandriva comporte aujourd’hui plus d’une cinquantaine de salariés, tant en France qu’au Brésil et leur avenir est capital.

L’avenir n’est pas scellé loin de là. La direction se rendra-t-elle au tribunal de commerce pour déclarer la cessation des paiements ? Alors que cela semblait acquis ces derniers jours, cela n’a manifestement pas été fait. L’avenir des salariés semble se jouer en partie sans eux, et la colère gronde. La communauté se tient, elle aussi, à l’écoute et une solution qui ne préserverait pas suffisamment son attachement à la distribution pourrait entraîner une réaction épidermique et aboutir à un fork pour vider la société de sa substance ainsi que le projet Mandriva Linux.

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